Mise en ondes et mise en scène / Illustrations et photos.

ZONE D’IMPROVISATION DÉMOCRATIQUE

Une performance théâtrale et sonore. Conception et mise en scène : Jack Souvant

Un dispositif imaginé pour se parler dans l’espace public.

À travers une scénographie mobile et ludique, une conversation se tisse autour d’un sujet défini à l’avance, en prise avec notre quotidien.

Se rencontrer à travers la parole et l’écoute, c’est d’abord se voir, se (re)voir, savoir qui est là, maintenant, autour d’un espace qui rassemble, parce qu’on y a installé des micros. Mais pas seulement. Au sol, on a disposé des carrés blancs mobiles (de simples plinthes), et dans ces carrés, des comédiens invitent le public à se déplacer en répondant à une série de questions simples pour tenter de cerner qui est là : « Qui a moins de vingt ans ? », « Qui est célibataire ? », « Qui parle plusieurs langues ? », « Qui gagne moins de 2000 euros par mois ? », « Qui a voté au deuxième tour des dernières élections présidentielles ? », « Qui a fait l’amour cette semaine ? » Etc.

En fonction des réponses, le public se rassemble dans tel ou tel carré, ce qui va créer des affinités, une complicité. Le but : faire émerger des ressemblances au sein du groupe, se découvrir des points communs. Une première étape pour briser la glace. Entre chacune de ces questions, Jack Souvant déambule de carré en carré pour tendre le micro à certain.e.s et approfondir avec eux les questions : toi qui t’es mis dans le carré de ceux qui parlent plusieurs langues, lesquelles maîtrises-tu ? Toi qui es dans le groupe des célibataires, ce célibat, c’est une liberté ou un fardeau ?

On oriente progressivement les questions pour faire émerger un sujet de débat : la polygamie, la PMA, l’immigration…

Le public écoute puis prend part, s’il le souhaite, à la discussion. Il se mélange, se sépare, se découvre. Des solitudes qui mesurent les écarts entre elles, et la construction d’une pensée en action en direct.

Introuvable dans la ville aujourd’hui, il nous semblait nécessaire de créer cette zone d’improvisation démocratique. Une zone qui permette d’entendre ceux qu’on n’écoute jamais.

Cet espace d’écoute et de prise de parole, de réflexion et de débat, on le voudrait reproductible dans plusieurs villes, et permanent.

Nous nous produisons dans des festivals de théâtre, à l’improviste sur les places, à l’invitation des villes, des quartiers, parce que nous pensons que la parole incarnée, récurrente dans l’espace public physique d’une ville est fondamentale.

Nous savons que la pensée prend du temps pour se construire et pour se traduire. C’est pour cela que nous croyons en la permanence, la répétition régulière de ce dispositif. Un entraînement pour apprendre à se questionner ensemble et à entendre la parole de l’autre. Car c’est inouï de se réunir et de se parler sur une place commune, hors des cercles intimes de nos connaissances, inouï de se (re)connaître, inouï de mélanger nos connaissances, de décrire notre quotidien, et de comprendre ce qui nous lie. Alors à la frontière de l’art, de la conversation, de la politique, voici une forme qui s’inscrit sur notre place publique et qui nous exerce au difficile enjeu de la démocratie.

LA MONTAGNE

(2013-2017)

Une performance Chorégraphique. Conception et mise en scène : Jack Souvant

La Montagne est un objet philosophique installé en pleine rue, une métaphore de l’immuable et du dépassement de soi. 

Sur un impressionnant dispositif incliné, la Montagne utilise plus que jamais son objet scénographique mobile, en rythmant l’espace dans un rapport public qui évolue tout au long du spectacle.

Un théâtre physique, avec 6 acteurs-danseurs autour d’un grand thème: Le courage

TICKET

(2008-2016)

Une performance théâtrale et sonore. Conception et mise en scène : Jack Souvant

En ce début de 21e siècle, marqué par les mouvements croissants de populations, pour des raisons économiques ou politiques, TICKET, spectacle performance, entre documentaire et fiction, évoque les conditions de voyage des migrants clandestins et confronte les participants à l’expérience physique du voyage, du noir, de la peur.

Le spectateur est littéralement embarqué dans un camion, au plus près des conditions de voyage des migrants quelques heures avant de passer la frontière.

S’inspirant de témoignages et de rencontres auprès de migrants en partance ou qui ont réussi à passer dans ces conditions, TICKET relate le récit d’une tragédie contemporaine, ce périple dangereux de l’immigré clandestin qui décide de quitter son pays pour un avenir meilleur.

Guidés par l’énigmatique « King Phone », les spectateurs font l’expérience d’un voyage au cours duquel ils vont être au cœur du dispositif, côte à côte avec les autres spectateurs et les acteurs où se mêle l’étrangeté des langues et des sons. Dans une semi obscurité l’ouïe devient un partenaire essentiel.

Comment peut-on confier sa vie à des inconnus qui promettent le passage vers un possible ? La mise en scène place le spectateur dans un aller retour entre réalité et fiction où les repères s’évaporent. Un itinéraire impré- visible et sans protection…

Ni à voir ni à entendre, à vivre tout simplement.